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Nous avons tous, à un moment ou un autre, entendu des affirmations du type « les femmes sont plus expressives » ou « les hommes occupent davantage l'espace ». Ces raccourcis, largement relayés par la culture populaire, nourrissent l'idée que le langage corporel d’un homme et le langage corporel d’une femme fonctionneraient selon des logiques fondamentalement différentes. Mais la réalité est plus nuancée que ces clichés ne le laissent entendre ! Si des différences existent, elles sont le produit de conditionnements sociaux plutôt que de câblages biologiques figés.
Quelles sont les différences observées entre le langage corporel masculin et féminin ?
Plusieurs études en psychologie sociale et en analyse comportementale ont mis en évidence des tendances, et non des règles absolues, dans le fait que le langage corporel d’homme ne serait donc pas totalement le même que celui de la femme !
L’occupation de l’espace
En termes d’occupation de l'espace, les hommes adoptent en moyenne des postures plus expansives : jambes écartées, bras ouverts, buste en avant. Cette tendance à « prendre de la place » se retrouve aussi bien en position assise qu'en position debout, dans des contextes professionnels comme informels. Les femmes, elles, tendent à adopter des postures plus contenues comme les jambes croisées, les bras rapprochés du corps et des mouvements plus restreints.
Les expressions faciales
Du côté des expressions faciales, les études montrent que les femmes sourient plus régulièrement et expriment davantage leurs émotions par le visage. Le sourire féminin, notamment, remplit alors une fonction sociale (signaler l'écoute, la bienveillance, l'approbation) qui va au-delà de l'expression spontanée de la joie. Les hommes, eux, tendent à afficher des expressions faciales plus neutres, en particulier dans des contextes professionnels ou compétitifs.
Le regard
Le regard est un élément du langage corporel qui diffère également entre les hommes et les femmes. Les femmes maintiennent en moyenne un contact visuel plus long lors d'une conversation, ce qui est interprété comme un signe d'écoute active. Les hommes, eux, tendent à utiliser le regard de manière plus intermittente, avec une fréquence de contact visuel plus faible dans les échanges collaboratifs, mais parfois plus intense dans les situations de confrontation.
Les gestes d’auto-contact
Les gestes d'auto-contact (se toucher les cheveux, le visage, les mains) sont également plus fréquemment observés chez les femmes, bien que ces gestes adaptateurs apparaissent chez tout le monde en situation de stress ou d'inconfort.
Ce que ces différences révèlent et ce qu'elles ne révèlent pas
Le piège serait de conclure cette analyse en expliquant que les différences relevées précédemment sont « naturelles », et donc universelles. La réalité est bien différente : la majorité d'entre elles sont façonnées par l'éducation, les normes sociales et les attentes culturelles. Dès l'enfance, les garçons et les filles reçoivent des messages différents sur la manière d'occuper l'espace, d'exprimer leurs émotions et de se tenir en public.
Ces apprentissages inconscients se cristallisent en habitudes corporelles qui persistent à l'âge adulte !
Cela signifie deux choses importantes pour quiconque s'intéresse à l'analyse du langage corporel :
- Les tendances observées sont des moyennes statistiques, pas des vérités individuelles. Un homme peut être très expressif du visage, une femme peut adopter des postures expansives : cela ne rend pas leur langage corporel « anormal », cela montre simplement que les variations individuelles sont au moins aussi importantes que les différences de genre ;
- Le contexte modifie considérablement les comportements. Une femme en position de leadership peut adopter des postures d'occupation identiques à celles traditionnellement associées au genre masculin. A contrario, un homme en situation de vulnérabilité émotionnelle peut afficher des gestes d'auto-contact et des micro-expressions qui ne correspondent pas au stéréotype du « non verbal masculin ».
L'environnement, le statut, la relation de pouvoir et l'enjeu de l'échange pèsent autant, sinon plus, que le genre dans l'expression corporelle !
Aller au-delà des clichés grâce à une formation spécialisée
Analyser le langage corporel des hommes et des femmes suppose de dépasser les grilles de lecture simplistes ; c’est une question de rigueur. Si les différences hommes-femmes existent dans les tendances générales, elles ne sont jamais un critère d'interprétation suffisant. Une lecture fiable repose donc sur la convergence de plusieurs signaux, la prise en compte du contexte et une connaissance approfondie des mécanismes du non verbal.
C'est précisément ce type d'approche que propose l'EFALC, à Bayonne. Le programme de formation au langage corporel est de 56 heures, structuré en 4 modules de deux jours, espacés d'un mois chacun. Cette école forme à une observation méthodique et nuancée, loin des raccourcis et des idées reçues !
Le langage corporel des hommes et des femmes présente des différences mesurables mais ces différences sont davantage le reflet de constructions sociales que de catégories figées. Ce qui rend une analyse pertinente, c'est la capacité à observer sans avoir d’idées figées et préconçues, en restant attentif à la singularité de chaque individu et de chaque situation. C’est une compétence qui se travaille et qui transforme durablement la qualité de nos interactions.
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